C’est une forêt atypique de 38 hectares plantée de conifères : pins noirs d’Autriche, pins d’Oregon, cèdres de l’Atlas, comme une invitation au voyage dans l’espace et le temps.

Plantée il y a une soixantaine d’année seulement, cette forêt plonge ses racines dans la nuit des temps.

Dans le monde végétal, les conifères sont les arbres les plus anciens. Comme les dolmens qui racontent la préhistoire de l’homme, les conifères racontent les premiers temps du monde végétal.

En observant leur simplicité, leur verticalité, leur élan vers la lumière, ils peuvent nous aider à nous ressourcer, à trouver nos racines pour mieux maîtriser et construire notre vie.

Les cinq sens

La vue : Aujourd’hui, on sait surtout regarder et encore ! Il faut être attentif pour surprendre la course furtive du chevreuil, les bonds vifs et légers de l’écureuil. La forêt réveille tous nos sens.

L’odorat : En automne, la forêt sent bon l’humus, le champignon. En été, elle embaume l’aiguille de pin.

Le toucher : Pour ses mains ou ses pieds nus sur un tapis de mousse, doux, épais, moelleux ; embrasser un arbre pour sentir contre sa joue l’écorce rugueuse.

L’ouïe : Fermer les yeux pour mieux écouter tous les bruits de la forêt ; les chants des oiseaux, les bourdonnements d’insectes, le vent qui agite les arbres comme une mer les mâts des bateaux.

Le goût : Découvrir le parfum acidulé d’une cornouille bien mure, la note poivrée d’une baie de genièvre.

La Métairie Haute est une île où comme Robinson on réapprend à vivre, mais ici les naufragés sont volontaires.

« Connais premièrement la quadruple racine de toute chose ». Citation d’Empédocle d'Agrigente philosophe grec du Ve siècle avant JC.

En éveillant nos sens, nous partons à la découverte du monde originel et des quatre éléments primordiaux : le feu, l’eau, la terre et l’air.

Le feu : le soleil éclatant du plein été, la chaleur source de vie, le feu domestiqué du cantou.

L’eau : sur le Causse, elle est souterraine, secrète mais omniprésente dans les sources et les citernes précieuses, les lacs de saint Namphaise.

La terre : sur le Causse, elle est rude à cultiver. Et pourtant les hommes ont su exploiter les combes pour y cultiver le blé ou le tabac. Elle semble parfois faite plus pour les brebis, les chèvres que pour les hommes mais au fil du temps les hommes ont su composer avec, faire leur place dans ce monde minéral en construisant maisons, caselles, murs de pierres sèches, et jusqu’à leur dernière demeure, les dolmens.

L’air : si pur et si limpide avec ses nuits étoilées à couper le souffle.

Pour Aristote, ce cinquième élément est le substrat des corps célestes, la quinte essence.

Ce cinquième élément ici sur le Causse n’est plus une notion abstraite, il suffit de regarder le ciel pour comprendre :

«  le ciel est si léger qu’en le regardant il est possible d’avoir la notion exacte de l’infini. »
citation de Adriana LISBOA.